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- Le syndrome de l'huître -

June 27, 2017

Mes chères petites moules d'amour,

 

Voilà bientôt 2 ans que je suis entrée dans une phase très compliquée de trouvaille de temps pour vous. Pour vous dessiner des kilomètres de zizis comme je l'avais promis, pour vous faire rigoler de tous vos chicots, pour vous faire passer au moins 5 minutes de détente avant que votre progéniture ne vienne vous hurler dans l'oreille qu'il a éperdument faim ou qu'il a mis Kinou le poisson rouge dans le grille-pain.

 

Cela me manque terriblement, si vous saviez.

 

Mais ne crachons pas dans la souplette, parce que je travaille à présent avec des maisons d'édition de ouf et à ma méga grande seurpraïse, les commandes s'accumulent, s'accumulent, s'accumulent, les livres sortent, sortent, sortent, et les dédicaces s'enchaînent, s'enchaînent, s'enchaînent.

 

Dream come true ♪♫♪♫

 

 

 

Mais le dream, il come true seulement quand tu te sors les doigts.

(Pour les actrices porno, c'est l'inverse)

 

Mes journées de travail sont pour le coup trèèèès longues. Une fois terminées, crois-moi, t'as juste envie d'aller soulager ton cerveau et tes lombaires comme tu peux, sous une douche bien chaude ou sur un lit bien moelleux.

 

On ne dirait pas comme ça hein, mais j'ai appris sur le tas que ce sublime travail demandait énormément de concentration.

Créer n'est pas un boulot comme les autres justement. Il demande d'être dans un état très particulier. Un état qui pour ma part, a été proche de celui d'une HUÎTRE : refermée sur elle-même, ayant peur de tout, amorphe, ressemblant à un fossile préhistorique, s'ouvrant de temps en temps d'1 demi millimètre pour se nourrir et respirer un air nouveau.

Depuis que j'ai signé mon premier contrat, j'ai ressenti le besoin de m'enfermer à triple tour chez moi, de me couper pendant de nombreux mois de ma famille, de mes copains, de l'extérieur, de la bonne bouffe, des soirées trop arrosées, de la vie toute entière.

Cet état te donne également la totale non envie de prendre soin de toi. Tu es 24h/24 en pyjama (très très) moche, tu ne fais plus de sport, tu manges ce qui te passe sous le nez, tu as les cheveux maxi gras et tes aisselles comme ta fouffe ont une odeur à la limite du radioactif.

Des moments pas toujours très rigoLOLs, surtout au début de chaque projet, où tu passes 2 semaines de merde entre cafard et pleurage de toutes les larmes de ton corps parce que tu es en train de dire adieu à ton temps libre et au monde extérieur. 

 

Toute fois, entre deux lessives de pyjamas malodorants, je me suis demandée si je ne poussais pas quand même le swag "ermite" un peu trop loin.

 

 

Heureusement, d'autres auteurs m'ont rassuré en me disant que oui, c'était bien normal. Pour certains créateurs, quand tu es dans une phase d'"entrée en la matière" (surtout quand t'as un peu la pression derrière), rien ne doit venir te perturber. Pas même le petit oiseau qui vient gazouiller au bord de ta fenêtre là, et qui te dit : "vas-y, tu veux pas faire une petite pause là ? Viens dehors, regarde, il fait trop beau, j'te paie un café et tout".

Oui, je me suis surprise depuis ce jour à faire de fucks aux oiseaux à travers ma fenêtre de bureau.

 

Après tu sais, je chouine mais c'est juste pour m'expliquer (et surtout m'excuser) auprès de ceux et celles qui me demandaient de mes nouvelles, qui m’appelaient pour se faire un resto ou un cinoche, et qui à chaque fois se prenaient des gros vents dans la face.

J'en suis toute honteuse parce que j'aime très beaucoup mes proches et le fait de leur imposer un énorme silence radio a dû créer des interrogations du genre "on n'est plus assez bien pour elle ou quoi ?" ou "elle nous fait la gueule tu crois ?".

 

Donc, à mes copains qui se sont posés ce genre de questions-là, j'espère que ce post leur fera comprendre pourquoi je mets 30 ans à répondre aux textos, pourquoi je ne rappelle jamais ou encore pourquoi ils trouvent une place vide au sushibar lorsqu'ils tentent de m'inviter (bordel, pourtant, je tuerai pour manger mon poids en sushi tous les jours).

 

Mais je ne perds pas espoir mes moules, je retrouverai certainement le temps qu'il me faut pour vous, j'ai tellement d'idées précieusement stockées dans un recoin sombre et humide de mon cerveau ... mais bon, pas tout de suite.

 

 

Finalement, quand on y réfléchit bien, si l'huître décide de se fermer au monde pendant autant de temps, ne serait-ce pas justement pour se concentrer sur la création de sa petite perle ... ?

 

 

Je vous fais moultes embrassades sur la coquille <3  

 

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